Akubra et Driza-Bone : le style et l’équipement du stockman australien
🚀 L'essentiel
- Concept clé : L'Akubra est un chapeau en feutre de fourrure, le Driza-Bone est un manteau en oilskin, l'un complète l'autre pour le travail en plein air.
- Conseil pratique : Brosser et remettre en forme les chapeaux au-dessus de la vapeur, ré-imprégner l'oilskin pour conserver l’étanchéité.
- Le saviez-vous : Ces pièces remontent à la fin du XIXe et au début du XXe siècle et ont franchi le monde rural pour entrer dans la culture nationale.
Un large bord contre le soleil, un manteau long contre la pluie.
Sur la piste rouge, un cavalier ajuste son Akubra, l’ombre glisse sur son visage. Le Driza-Bone bat la cuisse du cheval, rejetant la poussière. Autour, la lumière se plie aux formes du paysage et aux gestes habitués au cheval et au bétail.
Héros du chantier
Le stockman est l’homme ou la femme de la station, gardien des troupeaux. Son quotidien impose une tenue fonctionnelle, pensée pour les heures au soleil et les nuits humides.
L’Akubra et le Driza-Bone sont devenus des marques d’appartenance, repérées aux rassemblements, dans les photos familiales et lors des grandes transhumances. Pendant les conflits mondiaux, des éléments de ces tenues furent adaptés pour l’armée, renforçant leur visibilité.
Que ce soit un vieux rouleur de l’ouest du Queensland ou une jeune gardienne, chacun apprend à dompter ces pièces, à les réparer et à les transmettre, l’équipement devenant patrimoine vivant.
Fibre, huile et forme
Le chapeau Akubra est façonné en feutre dense, conçu pour repousser l’eau et garder sa tenue. Sa calotte haute et son bord généreux protègent du soleil et du vent.
Le Driza-Bone, à l’origine en coton huilé, se distingue par sa coupe longue, ses poches profondes et sa capacité à évacuer pluie et boue. L’assemblage et les renforts témoignent d’un usage prolongé à cheval.
Ces objets résultent d’un artisanat pratique. Au fil du temps, les procédés se sont modernisés, mais le principe reste le même : résister à la météo et faciliter le travail.
Tradition et réinvention
Avec l’urbanisation, ces vêtements sont sortis des stations et ont conquis la ville. Musiciens country, visiteurs et cinéastes les ont adoptés comme signes d’authenticité.
Cette popularité pose parfois problème, des reproductions bon marché remplaçant des pièces de qualité. Préserver les ateliers et connaître l’origine d’un objet sont des actes de respect envers la tradition.
Côté pratique, rangez les chapeaux sur un support, brossez-les après usage, évitez l’humidité prolongée. Réimprimez l’oilskin et réparez les coutures au premier signe d’usure. Ainsi, vous portez un fragment du pays qui a forgé ces silhouettes.
Pour nous, en Camargue, le parallèle est clair. Le gardian et le stockman partagent le même rapport au cheval, au troupeau et aux éléments. Les vêtements naissent d’un même besoin : durer, protéger, dire qui l’on est.


