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La flore de la sansouire : salicornes et obiones, le buffet sauvage des chevaux

17/08/2026 | 560 lectures
La flore de la sansouire : salicornes et obiones, le buffet sauvage des chevaux
En Camargue la sansouire n'est pas seulement un paysage, c'est une cuisine pour les chevaux et un livre d'histoires. Les salicornes et les obiones façonnent la vie salée des lagunes.

🚀 L'essentiel

  • Concept clé : Salicorne (Salicornia) et obione (Atriplex) sont des halophytes, des plantes tolérantes au sel, fondamentales pour l'écosystème des sansouires.
  • Conseil pratique : Pour observer la salicorne tendre, préférez la fin du printemps et le début de l'été, et restez sur les sentiers.
  • Le saviez-vous : Folco de Baroncelli a contribué, au début du XXe siècle, à préserver les traditions de la manade et le lien entre gardians et pâturages salés.

Le vent sent la mer, et la vase s'illumine d'une teinte verte. Un gardian guide son cheval le long d'un banc de salicornes.

buffet salé

Autour du lagon du Vaccarès et des bras du Petit-Rhône, des nappes de salicornes alternent avec des touffes d'obione. La salicorne, Salicornia europaea, pousse en jeunes pousses charnues au printemps et prend souvent une teinte rouge en automne, un spectacle remarqué par naturalistes et photographes.

Ces plantes sont adaptées aux sols salés, elles concentrent le sel dans leurs tissus. Pour les chevaux camarguais et les taureaux, ces espèces apportent des minéraux, principalement du sodium, qui complètent les apports des prairies d'eau douce.

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Dans l'histoire locale, la salicorne avait un usage industriel. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les cendres de certaines halophytes servaient à extraire la soude, nécessaire au verre et au savon. Aujourd'hui, les jeunes pousses sont recherchées par des chefs, réhabilitant une saveur ancienne.

racines du goût

Pourquoi les chevaux fréquentent-ils la sansouire ? La réponse est à la fois écologique et culturelle. Les gardians laissent les chevaux pâturer en semi-liberté. Folco de Baroncelli-Javon, figure du début du XXe siècle, a valorisé la manade, protégeant les parcours et les pratiques d'élevage.

L'obione, souvent appelée oseille de mer, stabilise les vases grâce à son système racinaire, créant des poches de sédiments où d'autres plantes s'installent. Atriplex portulacoides offre une feuille sapide et légèrement iodée.

Les manadiers partagent des anecdotes : les poulains apprennent à goûter en suivant les mères. Ils commencent par la salicorne tendre, puis s'attaquent aux touffes plus coriaces d'obione. Ce transfert de comportement a été observé par des chercheurs en éthologie.

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doux paradoxes

Les halophytes sont précieux mais pas sans risque. Leur concentration en sel peut poser problème aux animaux non habitués. Les chevaux de Camargue sont robustes, toutefois les manadiers surveillent l'accès à l'eau douce et complètent l'alimentation en été.

L'équilibre de la sansouire est fragile. L'extraction du sel, le tourisme autour de Saintes-Maries-de-la-Mer, et la montée du niveau de la mer constituent des menaces. Le Parc naturel régional de Camargue, créé en 1970, travaille à concilier usages et protection.

Pour les visiteurs, deux conseils : observer les scènes de pâture au lever ou au coucher du jour, et ne pas cueillir massivement. Demander l'autorisation à un manadier, c'est respecter un territoire vivant et préserver le buffet sauvage des chevaux.