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L'alimentation naturelle du cheval Camargue : ce que cache la sansouire

07/08/2026 | 180 lectures
L'alimentation naturelle du cheval Camargue : ce que cache la sansouire
Aux lisières salées de la Camargue, les chevaux broutent là où la terre goûte la mer. La sansouire offre plus que du sel, elle nourrit une culture.

🚀 L'essentiel

  • Concept clé : La sansouire est une prairie saline peuplée d'halophytes qui apportent des minéraux au cheval Camargue.
  • Conseil pratique : Fournir toujours de l'eau douce et un bloc minéral quand les chevaux pâturent la sansouire.
  • Le saviez-vous : Les gardians conduisent leurs chevaux sur ces plages végétales pour renforcer sabots et endurance, un savoir-faire ancestral.

Pur et venteux. Un nuage bas de chevaux gris se déplace sur la plaine salée.

Il est l'aube près des Saintes-Maries-de-la-Mer. Les gardians ouvrent la barrière, la manade glisse sur la sansouire. Les chevaux baissent la tête et broutent la salicorne et des graminées halophiles. L'air sent la saumure et le fenouil sauvage. Cette scène, répétée depuis des générations, cache des effets subtils sur la santé et le comportement des équidés.

Herbe salée

La sansouire désigne la frange saline du marais, inondable et parcourue d'eau saumâtre. On y trouve des plantes tolérantes au sel : salicorne (appelée aussi verre de mer), puccinellie, spartine, joncs et quelques arbrisseaux. Ces végétaux stockent sodium, chlore et oligo-éléments.

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Pour le cheval Camargue, adapté à ce milieu depuis des siècles, ce fourrage n'est pas négligeable. Les plantes halophiles ont souvent moins de sucres solubles et plus de fibres, ce qui favorise un état maigre et résistant plutôt qu'une musculature lourde. Les sabots gagnent en robustesse par abrasion naturelle sur le terrain salin.

Une anecdote des anciens manadiers : après la tempête de 1987, des chevaux se sont rués vers la frange saline comme s'ils cherchaient un électrolyte perdu. Les vétérinaires locaux expliquent aujourd'hui que le goût salé aiguise l'appétit, mais qu'il faut veiller à l'équilibre hydrique.

Racines anciennes

La pratique de mener les troupeaux sur la sansouire remonte à des usages agropastoraux médiévaux. Le cheval de Camargue, petit, robuste et gris, a été façonné par cet environnement et par les besoins des gardians qui travaillaient la race pour le travail du bétail et la course camarguaise.

Folco de Baroncelli, figure culturelle de la Camargue au début du XXe siècle, a promu la manade et les traditions liées au cheval. Les manadiers contemporains perpétuent des règles simples : accès à l'eau douce, pâturage tournant et sélection des zones selon les saisons.

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Des études sur les zones humides méditerranéennes confirment que les animaux qui consomment des halophytes présentent des modifications de l'apport électrolytique. Les gardians ont ainsi appris à coupler pâturage salé et points d'eau douce pour préserver l'équilibre physiologique des équidés.

Équilibre fragile

Mais la sansouire recèle des contradictions. Si elle apporte des minéraux, un excès de sel peut accroître la soif, perturber l'équilibre électrolytique et conduire à des besoins d'appoint plus fréquents. La montée de la mer et les aménagements agricoles modifient la salinité et la productivité des prairies.

Le changement climatique et l'urbanisation pèsent sur la gestion des marais. Certains manadiers observent des baisses de fourrage tendre en été et doivent alors donner du foin et des compléments minéraux. La protection des corridors d'eau douce et la rotation des parcelles restent essentielles.

Conseils concrets : surveiller l'état corporel des chevaux, offrir en permanence de l'eau propre, prévoir des blocs minéraux si l'accès au pâturage salé est important. Enfin, travailler avec un vétérinaire pour des bilans sanguins si l'on soupçonne un déséquilibre.

La sansouire est bien plus qu'un terrain à brouter. C'est un paysage vivant qui a façonné la race camarguaise et la culture des gardians. Protéger cet équilibre, c'est préserver une pratique, une saveur du pays et la santé des chevaux eux-mêmes.